Le Finistère signe la charte régionale des espaces côtiers

3 Janvier 2009 , Rédigé par verts bigoudens

Mardi 23juin 2009

CHARTE REGIONALE DES ESPACES CÔTIERS

SIGNATURE AVEC LE DEPARTEMENT DU FINISTERE


La Bretagne est la première Région française à se doter d’une Charte pour la gestion intégrée de la zone côtière (GIZC). Alors que la mise en oeuvre de ce référentiel requiert l’implication de tous les acteurs du littoral, près de 120 professionnels de la mer et du tourisme, élus, associations et scientifiques se sont engagés auprès de Jean-Yves Le Drian pour porter ce projet d’avenir.
En signant la charte, mardi 23 juin, le Conseil général du Finistère ouvre la voie d’une longue série d’engagements sur le département, traduisant l’ambition des acteurs finistériens pour le développement durable de leur littoral.


Pêche, conchyliculture, construction navale, biotechnologies mais aussi tourisme, loisirs ou constructions immobilières, toutes ces activités ont un impact sur l’espace côtier. Alors que 95% de sa population vit à moins de 60 km de la mer, en Bretagne -plus qu’ailleurs-chacun a un rôle à jouer pour préserver et valoriser la zone côtière. Cependant, la Région Bretagne a bien compris que, les intérêts recherchés étant souvent contradictoires, seules des actions cohérentes menées avec une vision d’ensemble partagée permettront le développement durable de la zone côtière. C’est en ce sens qu’elle a initié la mise en oeuvre de la Charte des espaces côtiers bretons.

L’adoption de la charte par les élus régionaux et son lancement, en avril 2008, n’était que la première étape d’un processus qui s’inscrit dans la durée, et dont l’objectif est de mobiliser et de faire collaborer l’ensemble des acteurs autour d’actions en faveur d’un développement durable de la zone côtière bretonne.

Aujourd’hui, la phase des signatures de la charte, synonyme d’engagement des acteurs de la zone côtière est bien engagée – le département du Morbihan, la ville d’Auray, Cap L’Orient Agglomération, l’Association des Iles du Ponant et la SEPNB, le PNRA et le Projet de Parc Naturel régional du Golfe du Morbihan l’ont déjà signée. Sans portée réglementaire, le référentiel fixe les objectifs à atteindre, les orientations à prendre ainsi que la nature des

actions permettant de les mettre en oeuvre.

Le Cg29 est invité à développer une stratégie définissant les actions qu’il entend mettre en oeuvre pour que le littoral reste un lieu de vie et de loisirs, mais aussi un lieu de travail et un patrimoine préservé.

 

En signant la charte, le Conseil général du Finistère affirme :

Sa perception partagée des enjeux de développement identifiés dans le diagnostic, avec un intérêt particulier pour la problématique de la pêche ;

Sa participation à la mise en oeuvre de la nouvelle gouvernance souhaitée et des outils correspondants ;

Son souhait de valoriser ses interventions actuelles qui s’inscrivent déjà dans la plupart des chantiers envisagés par le charte, et de poursuivre ses réflexions sur le développement durable de la zone côtière finistérienne. ;

La Région poursuit la mise en oeuvre de la charte des espaces côtiers. Différentes actions ont été mises en oeuvre :


• Après l’adoption par le Conseil régional, lors de sa session de décembre, d’un contrat pour le développement durable des îles bretonnes, celui-ci a été signé, le 29 mai, entre Jean-Yves Le Drian, président du Conseil régional et Denis Palluel, président de l’Association des Iles du Ponant. Il s’agit d’un contrat pluriannuel qui doit permettre,

pour la période 2009-2012 de favoriser le développement durable des 12 territoires concernés.

• La première édition de la Semaine de la mer et du littoral en Bretagne s’est déroulée à Lorient, du 11 au 15 mai. Elle a regroupé un ensemble d’évènements spécifiques, ciblant le grand public ou des publics plus avertis, sur des volets thématiques de la gestion intégrée de la zone côtière au sens large. Son objectif était d’abord de sensibiliser ces publics différents à la gestion durable de la zone côtière, et ensuite d’ouvrir le dialogue avec certains acteurs.

• La première session de la Conférence régionale de la mer et du littoral a eu lieu le 19 mai. Son ambition est de devenir un lieu d’échange, de réflexion et d’action de l’ensemble des acteurs bretons de la zone côtière autour des enjeux exposés dans la charte. Elle se réunira 2 à 3 fois par an et sera co-présidée par le Président de la Région Bretagne et le représentant de l'Etat. A l'occasion de cette séance d'installation, elle a réuni 70 élus, représentants de l'Etat, acteurs économiques, socioprofessionnels et éducatifs.


D’autres actions sont en cours :

• Une étude sur le développement des énergies marines renouvelables en Bretagne ;

• Un programme européen sur le nautisme durable intitulé Nautisme en Atlantique (NEA 2) ;

• Une étude préalable à la définition d’une stratégie foncière régionale, dans laquelle le littoral occupera une place centrale ;

• Un programme d’actions concernant le dragage portuaire sera prochainement lancé ;

 

Les actions du Conseil général du Finistère dans le domaine de la gestion durable de la zone côtière


Il peut être souligné, entre autres contributions aux chantiers retenus, que :


• Les axes stratégiques du Livre bleu du Nautisme, pour la période 2008-2014, validés en Séance plénière de juin 2008, privilégient notamment le développement durable du nautisme, la cohabitation des activités et des pratiques, et le partage d’une culture et de valeurs maritimes fortes (chantiers 1, 2 et 3) ;

• Le Schéma départemental de développement touristique du Finistère, pour la période 2008-2012, souhaite renforcer le rôle joué par le tourisme en matière de développement local et l’inscrire résolument dans le développement qualitatif des territoires notamment littoraux (chantier 3) ;

• La maîtrise de l’urbanisation et la diversification des modes de déplacement sur le littoral (chantier 4 de la Charte) sont des préoccupations d’ores et déjà relayées par le Département dans les avis qu’il donne dans le cadre de l’élaboration des documents de planification locaux (Schémas de cohérence territoriale, Plans locaux d’urbanisme, etc.) et déclinées dans ses politiques départementales en matière d’habitat et de déplacements ;

• Les politiques départementales dans les domaines de l’eau et l’assainissement, des espaces naturels sensibles ou du patrimoine, participent pleinement aux chantiers 5, 6, 7 et 9 ;

• Le Finistère a été la première Collectivité française à signer une convention pour 3 ans avec la Société Nationale de Sauvetage en Mer assurant la pérennité de son soutien à cet acteur emblématique de la sécurité en mer (chantier 8) ;

• Le Conseil général s’engage dès 2009 dans la redéfinition de ses interventions sur les îles finistériennes, de façon transversale et en mode contrat (chantier 10) ;

• Le Conseil général a voté en 2008 sa stratégie pour la pêche finistérienne axée notamment sur :

         - Le développement de l’aquaculture dans le respect de la zone côtière (chantier 2)

         - L’aide à la structuration des professionnels pour qu’ils soient présents dans les débats environnementaux et d’aménagement du territoire (chantier 2)

         - La réalisation d’investissements portuaires lourds visant à améliorer la sécurité des professionnels et la qualité environnementale des ports (chantier 8)

         - Le soutien aux projets innovants en matière maritime, via les technopôles et les pôles de compétitivité (chantier 2)

Par ailleurs, des réflexions sont en cours, dans le cadre de la déclinaison de son Agenda 21, notamment sur la question de la maîtrise du foncier sur le littoral ou sur la mise en oeuvre de démarches de G.I.Z.C. dans le cadre des contrats de territoire. A cet titre, le contrat de territoire élaboré avec la Communauté de communes du Pays d’Iroise qui sera signé en juillet 2009 comportera un enjeu en faveur de la gestion intégrée de cet espace littoral se concrétisant en une douzaine d’actions : aide à la résorption des points noirs en assainissement non collectif, soutien à la restructuration de centres nautiques en intégrant des dispositifs d’économie d’eau et d’énergie et l’accueil adapté des personnes handicapées, etc.
Enfin, le Conseil général souhaite concrétiser dans les années qui viennent ses engagements en termes :

        - De participation au projet européen Nautisme Espace Atlantique 2 en tant que coordinateur de la thématique sociale et en déclinaison de sa stratégie énoncée dans le Livre Bleu du Nautisme ;

        - De soutien au côté de la Région, à la mise en place du Climsat à Brest ;

        - De la mise en oeuvre d’un plan climat-énergie ;

        - D’une gestion portuaire exemplaire déclinée par exemple en orientations en matière de dragage, de ports propres départementaux, de réorganisation des places portuaires en Cornouaille, etc.

 

 

 

Signature de la Charte sur

la Gestion intégrée des zones côtières

 

La Charte régionale des espaces côtiers :


· 7 défis à relever

1. Valoriser pleinement les atouts maritimes en développant une économie diversifiée et ancrée dans l’innovation et le développement durable

2. Maîtriser l'urbanisation et favoriser la diversité sociale sur le littoral

3. Préserver le patrimoine naturel et maintenir le potentiel écologique

4. Restaurer la qualité des masses d’eau côtières et réduire les pollutions

5. Préserver et valoriser le patrimoine culturel maritime

6. Anticiper et s’adapter aux effets du changement climatique

7. Préserver le potentiel social, écologique, économique des îles bretonnes


· 10 chantiers phares


Pourquoi définir une charte des espaces côtiers bretons ?


Le concept de gestion intégrée des zones côtières


La Bretagne et la zone côtière en quelques chiffres

 

 

 

LA CHARTE REGIONALE DES ESPACES CÔTIERS


Devenu un référentiel, la charte comprend 3 volets. La première partie présente le projet d’avenir pour la zone côtière : les 7 grands enjeux identifiés pour qu’elle reste à la fois un lieu de vie et de loisirs, un lieu de travail et un lieu au patrimoine préservé. Une deuxième partie aborde la question de la gouvernance avec la mise en place d’une instance régionale de concertation déclinée localement, d’un observatoire pour évaluer l’état de la zone côtière et ses évolutions et l’indispensable mise en réseau de tous les acteurs pour mutualiser et capitaliser les expériences individuelles.

La dernière partie de la charte présente 10 chantiers-phares qui permettront

d’amorcer, dès aujourd’hui, la concrétisation d’un développement durable de la zone côtière.


Les 7 enjeux de la Charte des espaces côtiers bretons


1) Valoriser pleinement les atouts maritimes en développant une économie diversifiée

et ancrée dans l’innovation et le développement durable


Promouvoir une économie maritime et côtière dynamique, innovante et diversifiée : certaines activités maritimes et littorales, au rôle essentiel dans le dynamisme de la Bretagne, ont fortement reculé ces dernières années. Il n’est pas question aujourd’hui de les maintenir artificiellement par des politiques de soutien mais de leur donner les moyens

d’améliorer leur attractivité et de se développer de façon durable.


Développer de manière durable le tourisme littoral et les activités nautiques : compte tenu du rôle prédominant de la diversité et de la qualité des paysages et du littoral dans la fréquentation touristique bretonne, il est indispensable de s’interroger sur le type de tourisme et de nautisme à promouvoir. Quelques pistes à développer : démocratiser la pratique de la voile, mettre en réseau les ports de plaisance, augmenter les capacités d’accueil de bateaux de plaisance sans aménager de nouvelles places à flots, ouvrir les centres nautiques à l’année en combinant activités scolaires, périscolaires et touristiques…

Développer les nouvelles économies maritimes en zone côtière : biotechnologies et énergies marines constituent des activités fortement créatrices de richesses tout en exploitant les ressources naturelles dans une logique de développement durable. C’est une chance pour la Bretagne. Elle doit poursuivre ses efforts de recherche et réfléchir aux conditions dans lesquelles ces activités peuvent se développer sur son territoire.

 

 

2) Maîtriser l’urbanisation et favoriser la diversité sociale sur le littoral

La Bretagne dépassera le seuil des 3,5 millions d’habitants d’ici 2030 ; si rien n’est fait, le littoral pourra difficilement résister à ce flux de personnes.

Maîtriser l’urbanisation et l’artificialisation de la frange littorale : l’urbanisation, qui a toujours existé sur le littoral, s’est fortement accentuée ces quarante dernières années. Densification et urbanisation s’accompagnent de réseaux et de constructions diverses qui multiplient les zones artificialisées au détriment des espaces naturels et des terres agricoles.


Maîtriser la pression foncière et favoriser la diversité sociale sur le littoral
: En Bretagne, comme sur tous les littoraux, les prix du foncier et de l’immobilier ont atteint des sommets remettant en cause le principe de mixité sociale : les actifs du littoral ne peuvent plus s’y loger. La fixation de seuils d’urbanisation permettrait de réfréner sa progression et la promotion de critères pour l’accès à la propriété favoriserait la mixité sociale, tout en garantissant le maintien d’espaces naturels et agricoles.


3) Préserver le patrimoine naturel et maintenir le potentiel écologique


Préserver et valoriser la biodiversité marine et côtière : Le réservoir pour la biodiversité marine et côtière que constitue la Bretagne est de plus en plus menacé par les pollutions et la multiplication des activités. Pour garantir sa préservation, il est tout d’abord nécessaire de mieux connaître cette biodiversité puis de restaurer les espaces et habitats les plus dégradés. Tout développement d’usages et d’activités doit aujourd’hui être pensé dans un souci d’économie d’espace et de réduction des effets environnementaux.


Préserver les ressources naturelles de la zone côtière
: Pour garantir la pérennité des activités de pêche, il est nécessaire de rendre plus durable leur exploitation. Il ne s’agit pas d’interdire des activités créatrices d’emplois et de richesses mais de les encadrer et de promouvoir, dans la mesure du possible, des alternatives : par exemple pour l’usage du maërl dans les cosmétiques et le traitement de l’eau -alors qu’il abrite de nombreuses espèces, ses

ressources se raréfient-et pour l’extraction des sables coquilliers, non renouvelables, pour la construction


Préserver la qualité et l’identité des paysages côti
ers : Qu’ils soient naturels (falaises, îles, estuaires…) ou culturels et architecturaux (phares, villages de pêcheurs…), les paysages de la côte bretonne et sous-marins, très diversifiés, sont marqués d’une forte identité. Bien préservés jusqu’à présent, ils font l’objet de multiples pressions. Il n’est pas question aujourd’hui de figer ce paysage mais de veiller à ce qu’il soit pris en compte dans toutes les opérations d’aménagement du territoire.


4) Restaurer la qualité des masses d’eau côtières et réduire les pollutions
La qualité des eaux douces continentales et des eaux marines côtières sont fortement dépendantes. Avec 500 bassins versants de moins de 50 km² débouchant directement sur la mer, la Bretagne dispose d’un atout majeur pour mettre en oeuvre une gestion globale de l’eau qui, à partir des bassins côtiers de réception, remonte vers les bassins versants.  

 

5) Préserver et valoriser le patrimoine culturel maritime

Forts, constructions portuaires, phares, navires anciens mais aussi savoir-faire, la Bretagne possède un patrimoine culturel maritime parmi les plus importants et diversifiés d’Europe. Pour ne pas le perdre, il faut le faire vivre : l’inventorier, le protéger et le valoriser. Ces opérations doivent être encadrées, ne plus être pensées dans une approche muséographique mais globale, davantage en lien avec les territoires.


6) Anticiper et s’adapter aux effets du changement climatique

Sans relâcher les efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre, il est nécessaire de prévoir et d’anticiper les conséquences du changement climatique sur les côtes. Il s’agit donc de mieux maîtriser et connaître les causes et effets du changement climatique, d’identifier les zones les plus menacées, d’évaluer les risques pour les zones d’habitation, l’économie et la biodiversité régionale et d’envisager des mesures d’adaptation. La possibilité de soustraire certaines parties du bord de mer à l’urbanisation et aux aménagements ne doit pas être écartée.


7) Préserver le potentiel social, écologique, économique des îles bretonnes

Les îles concentrent l’ensemble des problèmes et des enjeux du littoral : vieillissement de la population, essor des résidences secondaires, pression immobilière, difficulté à maintenir les jeunes actifs sur l’île, développement économique essentiellement basé sur le tourisme… Avec la difficulté de concilier présence humaine, développement d’activités socioéconomiques et préservation de la biodiversité, la mise en oeuvre d’un développement durable prend tout son sens sur les îles. Si ce défi n’est pas relevé, les îles cesseront d’être les joyaux de la côte bretonne.


Les 10 chantiers-phares


Les chantiers-phares sont les actions prioritaires qui pourraient être mises en oeuvre pour répondre aux enjeux de la gestion durable de la zone côtière. Ce ne sont pas des actions figées mais des pistes de travail à faire vire et évoluer.

1) Renforcer l’ambition maritime des Bretons

Pour instaurer un changement durable dans le comportement individuel des Bretons, il est primordial de les sensibiliser et de les informer pour qu’ils prennent conscience de l’importance de la mer pour l’avenir de la région, des menaces qui pèsent sur la zone côtière et de la nécessité d’agir collectivement pour préserver ce patrimoine et garantir le développement de l’économie maritime. Pour atteindre cette ambition, chaque Breton doit pouvoir côtoyer et pratiquer la mer le plus régulièrement possible, et ce dès le plus jeune âge. Les établissements scolaires constituent un vecteur à privilégier.

 

2) Inscrire les activités maritimes et côtières dans une logique de développement

durable
Pour que la zone côtière reste attractive et génératrice d’emplois, les activités qui y sont pratiquées doivent s’inscrire dans une logique de développement durable, par la réduction de leur empreinte écologique, leur contribution au développement local, leur viabilité économique ainsi que par une offre d’emplois, de conditions de vie et de logement

satisfaisante. Qu’il s’agisse d’activités de pêche, conchyliculture, agriculture, construction navale… toutes doivent s’inscrire dans cette logique : repos biologiques, innovation, utilisation de matériels écologiques, diversification, installation des jeunes facilitée, préservation d’espaces pour le développement des activités, mutualisation d’équipements….


3) Promouvoir des activités touristiques et nautiques durables

Le tourisme est fortement dépendant de la qualité des paysages, de l’environnement et du caractère authentique des territoires maritimes. Il importe donc de promouvoir des formes de pratiques garantissant la préservation de ces éléments, l’accès de tous à la mer et un développement équilibré des territoires : favoriser le tourisme durable, offrir des équipements contribuant à un tourisme social sur le littoral, faciliter l’accès des équipements touristiques et de plaisance, améliorer les conditions de circulation avec le développement des modes de déplacements collectifs et alternatifs…

4) Maîtriser l’urbanisation et promouvoir de nouvelles formes d’urbanisation, d’architecture et de circulation sur le littoral
La rapidité avec laquelle l’urbanisation progresse sur le littoral et l’empreinte qu’elle laisse sur le territoire risquent de mettre en danger de manière irréversible le littoral breton. Il est urgent de freiner les dynamiques foncières et d’artificialisation et de promouvoir de nouveaux référentiels en matière d’urbanisation et de circulation sur le littoral.

L’Etablissement public foncier (EPF) régional est le premier outil à mettre en place, et ce sans attendre. Il donnerait les moyens de maîtriser le foncier sur le littoral et de promouvoir la diversité sociale, de maintenir les espaces agricoles, l’accès à la mer pour les activités maritimes et de préserver des espaces naturels de taille suffisante.


5) Améliorer la préservation et la valorisation du patrimoine naturel

La grande richesse de la biodiversité marine et côtière du littoral breton, les fonctions et services qu’elle offre pour le bien-être de notre société et les potentiels qu’elle apporte dans le domaine des biotechnologies, rendent indispensable sa valorisation et sa préservation pour les générations futures. Pour cela il est nécessaire de mieux la connaître, d’améliorer la préservation des habitats et d’évaluer les effets des activités humaines sur la zone côtière.

6) Garantir la qualité des paysages côtiers

Les paysages côtiers occupent une place importante dans l’image de la Bretagne et dans la qualité de vie des habitants mais ils dépendent directement des pratiques et des usages présents sur le littoral. Il faut agir pour préserver une grande diversité de paysages, par exemple, en introduisant une approche paysagère prospective dans tous les documents d’urbanisme et en accompagnant les communes sous forte pression immobilière...

 

7) Accélérer la restructuration de la qualité des masses d'eau côtières

Si les politiques menées actuellement restent inchangées, seules 16% des masses d’eau côtières respecteront l’objectif fixé par la Directive cadre sur l’eau de l’Union européenne. Pour contrer cette perspective qui met en péril les principales activités littorales et la biodiversité, il est urgent de revisiter les politiques de l'eau, en particulier, en faisant des schémas d’aménagement et de gestion des eaux (SAGE) les outils stratégiques de la gestion de l’ensemble des masses d’eau en Bretagne (en y intégrant les masses d’eau côtières).


8) Améliorer la sauvegarde de la vie humaine et la gestion des risques environnementaux en zone côtière

De la sécurité des navigations dépend à la fois la sauvegarde de la vie humaine en mer et la limitation des pollutions maritimes. La pratique de la mer par les professionnels et les plaisanciers pose la question de la formation des personnes mais aussi de l’application des règlements et des moyens d’intervention. De la même manière, le littoral doit faire face aux pollutions issues du trafic maritime. Ce projet-phare s’inscrit dans une réflexion plus large sur la sécurité maritime.


9) Garantir la préservation et la valorisation du patrimoine culturel maritime

Alors qu’il est très important pour l’identité de la Bretagne, le patrimoine culturel maritime n’a pas encore fait l’objet de programme d’actions à la hauteur de sa richesse. Des actions, inscrites dans une stratégie régionale de connaissance et de valorisation à définir, doivent être menées.

10) Mettre en oeuvre une stratégie de développement durable des îles

Compte tenu des phénomènes amplifiés et grandissants dont font l’objet les îles bretonnes, une réflexion, s’inscrivant dans le temps, doit être entreprise pour déterminer les orientations de développement durable à suivre : garantir la continuité et la solidarité territoriale avec les services à la population et les liaisons avec le continent, permettre une

réalisation raisonnée de logements sociaux, préserver l’environnement, promouvoir un tourisme durable, maintenir une population active avec l’installation de jeunes et de résidents permanents…

 

 

 

POURQUOI DEFINIR UNE CHARTE DES ESPACES COTIERS BRETONS ?


La Région n’est pas dotée de compétences spécifiques en matière de gestion des espaces côtiers mais, consciente des atouts que représentent le littoral et la mer pour son économie et sa qualité de vie, et forte de la pertinence géographique de son territoire, elle souhaite contribuer à la mise en oeuvre d’une gestion intégrée des zones côtières.


Une charte pour coordonner les activités maritimes et littorales


Le nombre d’individus et d’activités qui ne cesse d’augmenter sur les côtes bretonnes crée des problèmes de cohabitation (incompatibilité des usages) et cause des dégradations plus ou moins réversibles du potentiel écologique, social et économique du littoral. L’absence de projet commun pour l’avenir du littoral ne fait qu’accentuer la situation. La Région souhaite y remédier et contribuer au développement de nouveaux modes de gestion du littoral, de ses richesses et de ses usages en mettant en place la charte des espaces côtiers bretons qui s’appuie sur le concept de gestion intégrée des zones côtières. Cette charte, véritable stratégie régionale, définit l’ensemble des enjeux, les principales menaces et les leviers d’actions pour construire une vision commune de l’avenir du littoral breton. Elle

permettra de faire cohabiter tous les usages par la mise en cohérence de l’ensemble des actions locales et la définition des rôles et moyens de chaque intervenant, qu’il s’agisse de collectivités, de professionnels ou d’associations.


Une charte élaborée dans le consensus


Après avoir annoncé sa volonté d’établir une charte des espaces côtiers bretons en juin 2005, la Région s’est lancée dans une phase d’études et de réflexion pour établir un état des lieux. Elle a recensé l’ensemble des acteurs et des démarches de gestion de la zone côtière en Bretagne puis réuni au sein d’un réseau, les projets locaux s’inscrivant dans une logique de gestion intégrée de la zone côtière, afin de mieux saisir les besoins et les difficultés de mise en

oeuvre des projets mais aussi tenter d’apporter dès à présent des réponses aux problèmes rencontrés sur le terrain.

Pour poursuivre la mise en oeuvre de cette charte, la Région, convaincue qu’une vision prospective partagée se révèlera plus efficace qu’une réglementation à appliquer strictement, a parié sur la concertation et le consensus. Elle a organisé quatre forums départementaux, fin 2006 et début 2007, qui ont réuni plus de 450 personnes. L’occasion de confronter tous les points de vue, de définir les priorités de chacun et de cerner les aspects pouvant faire l’objet

de consensus pour trouver un équilibre entre les préoccupations de protection du littoral et de valorisation de ses atouts et ressources. Parallèlement, elle a adressé un questionnaire à tous les acteurs de la zone côtière et réalisée une enquête d’opinion auprès d’un panel de 800 Bretons.

Ces différentes étapes de concertation ont abouti à l’élaboration d’un projet de charte et donné lieu à une nouvelle consultation durant l’été 2007. Tous les Bretons étaient invités à consulter le projet de charte puis à répondre à trois questions : Que pensez-vous des enjeux identifiés, des dispositifs proposés et des projets-phares retenus ? Comment souhaitez-vous participer à la mise en oeuvre de cette charte et comment devons-nous, tous ensemble,

collaborer pour qu’elle se concrétise ? Quelles actions et initiatives êtes-vous prêts à mener pour contribuer à cette charte ?

 

 

 

LE CONCEPT DE GESTION INTEGREE DES ZONES COTIERES


Le concept de gestion intégrée des zones côtières (GIZC) est né lors du sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992 puis a été renforcé par la recommandation du Conseil et Parlement européen du 30 mai 2002. Il correspond aux préconisations de l'Agenda 21 pour le littoral et s'inscrit ainsi dans la notion de développement durable.

C’est une approche recommandée pour la gestion de l'espace et des ressources du littoral dans laquelle tous les enjeux terrestres et marins, naturels et sociaux sont pris simultanément en compte. La démarche de GIZC propose une approche globale d'un territoire littoral en tenant compte des aspects écologiques, socio-économiques et

administratifs. Elle préconise ensuite d’établir un diagnostic incluant les forces et les faiblesses ainsi que les problèmes et les opportunités de ce territoire. L'objectif final de la GIZC est de mettre en place des outils permettant de garantir une harmonie entre les différentes activités humaines et les dynamiques naturelles.

 


Du littoral aux zones côtières

On entend par littoral, la zone de balancement des marées et les espaces en contact direct avec la mer (dunes, port…). Cependant, les pressions qu’il subit proviennent d’un espace beaucoup plus étendu, vers le large comme vers l’intérieur des terres. Ainsi, pour exploiter les atouts du littoral tout en veillant à le préserver, la gestion intégrée des

zones côtières invite à prendre en compte cet espace élargi allant de la limite des 12 milles en mer à l’ensemble de la zone terrestre concernée.

Partager cet article

Commenter cet article